L'expulsion, par raison de ses excès mêmes, du régime infect à l'heure aux commandes ne devrait pas être autre chose si tout se passe bien qu'une question de
mois.
La nomination d'un fils de vingt ans ou presque à la tête d'un important ensemble public, l'agressivité hors d'exemple sans doute dans l'Histoire, des autorités
contre la population, celle aussi des employés de l'état, qui devraient être à son service, la profondeur sans fond, sans remède des scandales et de leurs implications, la pauvreté de plus en
plus grande assortie d'une pauvreté morale à laquelle soit-dit en passant l'Eglise Catholique, intéressée aux marges, n'apporte que le ron-ron habituel, la colère grandissante, dont l'explosion
sera d'autant plus impitoyable que les patiences auront été longtemps moquées; une foule d'autres choses encore, doivent faire penser que la période de vastes troubles ne tardera
guère.
Empressons-nous ici de fermer le clapet des aboyeurs de service, ceux qui émargent au bataillon des fâcheux : la vraie théorie du complot se situe chez ceux qui
prétendent qu'il n'existe pas. Si l'on pouvait s'y tromper, l'on est par eux détrompé. Ils oublient aussi qu'on n'a pas besoin de manuel pour constater l'évidence, et que l'idée même du complot,
sitôt qu'on peut l'évoquer, appartient déjà au passé. Voyons plutôt les conséquences.
Peut-on nommer complot d'ailleurs un processus qui attire le soutien public grâce aux carottes du mensonge et au bâton de la répression intellectuelle ? Il n'a qu'à
plonger dans la médiocrité des foules pour y trouver les arguments et les tourniquets épandeurs du Système. On achète aussi les consciences, fort bon marché, faut-il le dire.
Que voit-on poindre sinon les éternels spectres qui, aussi têtus que Gnafron, prétendent recueillir le bénéfice d'une situation qu'ils ont contribuée à pourrir ? La
remarque vaut aussi bien pour le clan de la pensée unique, profiteur du Système, que pour les éternels candidats à un trône dont ils ignorent tout eux-mêmes et je ne rigole pas.
Il n'existe pas d'issue dans un Système pervers. Qu'on fiche la paix à Mitterrand. Au passage, il n'est pas inutile de dire pourquoi.
- Parce que ça aussi, est un des procédés par lesquels on noie et trompe l'opinion. Tandis qu'on fait appel au gêne égalitaire, on amuse les gens qui durant cinq
minutes peuvent exprimer pour eux-mêmes ou devant leur voisin leur réprobation que tout le monde ne soit pas traité de la même manière. Pendant ce temps, on ne s'occupe pas de renvoyer chez eux
les chancres du Système, ces technocrates aux qualités indiscernables et aux intentions louches, pourrissant tout et le reste.
Le piège est là. Toutes les semaines, en surgit un exemple nouveau. L'affaire Polanski n'est rien d'autre. On s'intéresse à son contenu, on pèse l'affaire
Mitterrand, on glose sur un tas de choses d'intérêt anecdotique et secondaire, et on oublie l'essentiel. L'essentiel est de mettre un terme au maintien en vie du cadavre qu'est le système actuel.
L'essentiel est de comprendre, non pourquoi un jour quelqu'un a fait ou non quelque chose, mais pourquoi beaucoup de gens, à tous les niveaux, deviennent fous. Pourquoi est excédée une
population entière. Pourquoi chaque semaine, des gens assassinent leur famille ou des tiers. Longue est la liste. Tant
que l'opinion ne s'occupe que de cas certes importants, elle ne se voit pas tondre, et renvoie à ses frais ses propres bourreaux à de nouveaux mandats en un éternel cauchemar .
L'important est d'en venir aux manières. L'inutilité des discours, l'incrédibilité définitive d'opposants de
scène, la falsification d'un régime pourtant réputé efficace qui était en France celui dessiné en 58, et un grand nombre de facteurs font qu'il est inutile d'espérer dans ceux qui ont participé à
l'empourrissement forcené du système. Ceux-là, les faits les expulseront, le flot les noiera, l'Histoire les condamnera.
Il n'y a pour l'instant que peu pour s'en alerter, personne pour y résoudre. Comptons au moins que le système, par sa
bassesse, s'expulsera lui-même. En attendant, c'est grand pitié au Royaume de France.