J'aime Valeria Bruni Tedeschi, et je suis allé voir Actrices, même si le récent film où elle tournait avec Jean-Pierre Marielle ne m'a pas emballé.
Dès le début, un frisson d'amusement parcourt la salle lorsque deux actrices, deux soeurs à l'écran dont la propre mère de Valeria, dans son propre rôle, évoquent Marceline, l'héroïne et sujet du film.
" -Elle aurait voulu épouser un prince ...
Si l'intérêt de ce film, outre celui qu'on peut porter à Valeria, est d'y regarder se mouvoir sa mère, récemment projetée sous les feux en même temps les plus proches et les plus éloignés du lot des mortels, le reste ne m'a pas inspiré grand chose, sinon l'impatience de m'extraire d'une ambiance assez peu attrayante, ce petit monde clos d'acteurs de seconde zone dont aucun ne m'a enthousiasmé.
L'histoire par ailleurs banale, consiste comme en l'absence d'histoire, selon la veine de plus en plus fréquente depuis quelques années (syndrome Delerm) dans les romans comme au cinéma, où les personnages sont traités comme une photographie banale de gens banals - cela suit, au fond, l'évolution générale supprimant l'écran de l'imagination, de la création, du rêve, de l'émotion aussi sans doute, jugés ou rendus inutiles dans l' omniprésente réalité auto-visualisée... Ce qui ressemble à quelque chose comme la suppression des rêves, un des moyens de rendre fou ... Mais je m'éloigne...
Cette évocation d'une femme de quarante ans perdue et sans repères manque d'attrait, même si elle sert sans doute seulement à mettre en scène le charme personnel de Valeria, malheureusement observé sans plaisir au milieu d'un décor hostile...
On assiste comme à un récit autobiographique, ce qui, au milieu des idées étranges de l'héroïne, ne prête pas à l'envie de s'y glisser.
par Michel Thomas de La Garde
publié dans :
Cinéma
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