Benoît XVI : première véritable démission de la charge papale

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Malgré ce qu'affirme rapidement, même la presse de qualité, il n'y a pas eu auparavant de véritable démission, du moins dans son sens plein, de Pape au IIeme Millénaire.

 

A la réserve indiquée dans notre précédent article, d'antipapes qui avaient renoncé à leur charge, il fallait ajouter aussi, nous l'avons oublié, Célestin V, à la fin du XIII° siècle, seul Pape ayant renoncé au II° Millénaire et auquel il est fait référence. Mais on ne peut considérer le cas de Célestin comme une démission, alors que, modeste religieux très peu instruit, il avait été désigné sans être candidat. Son acceptation résultait vraisemblablement d'une influence exercée sur sa personne, et tandis que son exercice, long de cinq mois, demeura sous l'emprise de Charles d'Anjou qui avait assuré politiquement cette désignation.

 

C'est parce que cette démission, déjà considérée, à cette époque, comme non naturelle, alors que pourtant, elle avait été acceptée par les cardinaux, et parce que certains, comme le roi de France Philippe le Bel insinuaient qu'elle n'était pas permise, que son successeur Boniface VIII (1) le fit enfermer, craignant qu'on se servît de Célestin pour contester sa propre élection voire, que la situation aboutisse à un schisme.

 

On peut et on doit considérer la renonciation de Célestin V comme une renonciation technique, ne comportant pas la fuite devant une responsabilité, mais au contraire, comme un aveu même de responsabilité, Célestin ayant pris conscience de son incapacité à exercer sa charge.

 

Malgré ces similitudes, la démission de Célestin V n'est cependant pas comparable avec celle d'aujourd'hui. Avec Benoît XVI, il s'agira effectivement de la première démission d'un Pape exerçant la totalité de sa charge, d'un Pape ayant participé comme candidat, au processus électoral du successeur de Jean-Paul II, et l'ayant exercée longuement et entièrement, celle d'un Pape non dépendant des puissances temporelles comme l'étaient souvent, les Papes aux siècles anciens. D'un côté, une rapide prise de conscience d'une situation inadaptée, débouchant sur la démission d'une fonction en réalité, comme dans son étendue, non endossée ; de l'autre, un exercice plein, libre, interrompu ensuite ; de ce fait on  ne peut comparer les deux exemples et on ne peut invoquer comme un antécédent le cas de Célestin V.

 

Mais une démission qui, différemment, se place dans l'esprit de celle de Célestin V. L'une et l'autre ont été motivées en conscience et justifiées. C'est à quoi, comme le suggère le magazine Le Point, Benoît XVI pensait peut-être déjà en 2009, en effectuant un geste symbolique sur le tombeau de Célestin V.

 

Il s'agit bien de ce que l'on doit considérer comme une démission technique, permettant la continuité sans faille de la charge, sans qu'elle soit diminuée par une vacance de fait comme le constituerait une partielle ou totale incapacité, plus ou moins longue, d'un Pape à assumer la totalité de ses fonctions.

 

Cela fait partie aussi du rôle du Saint-Père, en surveillant la nef, de s'assurer de celui qui la gouverne, qui doit bénéficier de toutes ses capacités, et cette préoccupation permet de parfaire le long exercice des siècles qui a affranchi la Papauté de toute emprise intéressée.

 

Où certains, parfois très éloignés de l'esprit de l'Eglise, ont vu à juste titre un acte courageux et lucide, il faut voir d'abord cette préoccupation, si cette démission est historique pour l'Eglise comme le reconnaît chacun, elle l'est surtout dans sa portée théologique.

 

Cela devrait conduire, espérons-le, à faire désigner à l'avenir des Papes relativement jeunes. Car le principe, devenu possible, ne devra pas aboutir à des élections de Papes trop âgés malgré cette possibilité de sortie, ni celle-ci, à un recours systématique.

 



 

(1)  Le magistral ouvrage, paru en 1969 : L'attentat d'Anagni - Le conflit entre la papauté et le Roi de France - par le duc de Lévis-Mirepoix, de l'Académie Française (†1981) que je conseille absolument, et surtout aux historiens.  RN 1.

 

 

II  (à venir ces jours-ci)  Conséquences théoriques de la démission du Pape Benoît XVI - 

 

©  RN 1

 

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cerise 16/02/2013 09:46


coucou


perso, je lui tire mon chapeau d'avoir eu ce courage


 


 





mouette et vague de bord de mer


bonne journée


bisousssssssssssss


cerisette

Geeeen du MiroirAuxEssences 16/02/2013 09:19


Bonjour Michel,


Ton article est extrêmement intéressant et résume bien la situation actuelle de l'évènement exceptionnel qui vient d'arriver au Vatican.  Ton parallèle avec Célestin éclaire des néophytes
comme moi, merci pour avoir repris la vie de Célestin. Effectivement comme tu le précises à la fin tout devient une question d'âge, les élections devront dorénavant se faire avec des papes plus
jeunes. Mais l'acte théologique reste immense et fait malgré tout penser à une réelle évolution des moeurs qui a atteint l'église.


Bon week end Michel,


Bisous