Bertrand Renouvin : L'Interview sur Royauté-News

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Nous publions ce soir l'Interview de Bertrand Renouvin.

 

Nous la publions telle quelle, l'invité n'ayant pas souhaité modifier l'axe de ses réponses, tant au sujet de l'orientation générale de son mouvement, que de celui d'une fidélité qui était - à l'inverse, justement, d'autres groupements - selon nous basée sur des circonstances générales de toute une époque, celles que représentaient l'ancien Comte de Paris. Y revenir n'étant pas le sujet de ce soir.

 

Espérons que le public, auquel sont destinées nos publications, s'y retrouvera dans ou malgré ces réponses.

 

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Bertrand Renouvin est une figure historique du royalisme français. Il fut l'un des fondateurs de la Nouvelle Action Royaliste, et son nom est entré dans la notoriété publique en se portant - le premier - candidat à une élection présidentielle, en 1974, où il avait obtenu 0,17% des voix.

 

Il appela pour François Mitterrand en 1981 et en 1988, comme l'avait fait de son côté le Comte de Paris historique. En 2012, un communiqué virulent de l'actuel Comte de Paris condamnait le choix de ce mouvement qui appelait pour un obscur candidat du premier tour, et tandis que pour le second tour, Bertrand Renouvin et la Nouvelle Action Royaliste appelaient, notamment en raison de leur position défavorable vis-à-vis de l'ex-président français, en faveur de celui qui est aujourd'hui le nouveau président. Bertrand Renouvin a été membre du Conseil Economique et Social.

 

Bertrand Renouvin est journaliste et écrivain. Directeur politique du bimensuel « Royaliste » et membre du Comité directeur de la Nouvelle Action royaliste, il anime un blog (WWW.bertrand-renouvin.fr) et le club parisien des Mercredis de la NAR.

 

 

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L'Interview de Bertrand Renouvin -

 


- Comment envisagez-vous l'évolution prochaine, et un peu plus lointaine, du royalisme en général ?
Il n’y a pas, il n’y a jamais eu, de « royalisme en général ». Le royalisme a toujours été divisé : il y a eu, il y a encore, des ultras et de libéraux, des nostalgiques et des militants politiques fidèles à tel prince ou à tel autre. La même division règne chez les socialistes, les communistes, les nationalistes… Quant à la Nouvelle Action royaliste, elle évoluera en fonction d'une situation politique qui est pour le moment imprévisible.


- Comment pour vous la rencontre historique avec le Comte de Paris (1908-1999) s'est-elle effectuée ?
La Nouvelle Action royaliste a toujours été indépendante de la Maison de France mais elle a librement soutenu les initiatives du comte de Paris pendant la dernière période de sa vie politique, entre 1976 et 1990 : publication des "Mémoires d’exil et de combat et d’autres ouvrages, célébration du Millénaire de la France, relations entre le Prince et François Mitterrand… A Chantilly, le comte de Paris a reçu de très nombreux militants de mon organisation et un grand nombre d’intellectuels de toutes opinions et traditions. Je m’entretenais souvent avec lui et nous le prévenions lorsque nous entrions en campagne mais jamais nous ne lui avons demandé la permission de nous engager. Nous étions, nous sommes toujours, libres de nos choix.


- Les idées de votre campagne de 1974 étaient à la fois, en pertinence déjà, et aussi en avance sur l'époque (par rapport aux autres candidats), et finalement, ne demeurent-elles pas aujourd'hui toujours d'actualité, fraîches et toujours en avance ?
Il est toujours pertinent de souligner le rôle décisif de l’Etat et de montrer que la nation est une collectivité politique indispensable. Mais nous profitions encore, en 1974, de l’œuvre accomplie par le général de Gaulle et l’héritage de la Libération n’était pas encore remis en cause. C’était aussi l’époque de la Guerre froide… Le grand basculement a commencé avec le « libéralisme avancé » de Valéry Giscard d’Estaing et la première grande crise économique. Aujourd’hui, nos débats et nos combats se fondent toujours sur le souci de la légitimité de l’Etat et sur le principe d’indépendance nationale mais dans une situation de crise systémique qui exige des révolutions économiques et sociales de très grande ampleur ainsi qu’un nouveau projet diplomatique.


- Le modèle que représentait le Comte de Paris est-il bien mort, du côté de cette famille, (et sans doute pour longtemps), et d'autant que la NAR n'est pas attachée par tradition à cette famille ?
Il n’y a pas de « mort » puisqu’il n’y avait pas de « modèle » mais un engagement du comte de Paris dans la vie politique qui lui a permis d’actualiser le projet capétien. La Nouvelle Action royaliste a toujours affirmé sa fidélité à la Maison de France.


- La ligne de votre mouvement reste-elle un ancrage à gauche ?
Ce que vous appelez « ancrage à gauche » est une invention journalistique qui a succédé à notre étiquetage gauchiste, tout aussi insensé. Il suffit de lire la collection de « Royaliste » pour se rendre compte que nous sommes beaucoup plus proche de l’authentique tradition gaullienne que du Parti socialiste tel qu’il a évolué depuis 1983.

 

- Ressentez-vous appartenir à la grande famille royaliste, prise dans l'addition des différentes appartenances séparées, et dans cette variété que l'on peut juxtaposer ?
Il y a une tradition royaliste en France, dont j’ai fait l’histoire mais les différents courants qui se disent royalistes n’ont rien en commun et ne se fréquentent guère. Je n’ai donc pas le sentiment d’appartenir à une « famille ». C’est avec des mouvements et des partis non-royalistes que la Nouvelle Action royaliste s’est jusqu’à présent engagée – par exemple en 2002 lors de la constitution du Pôle républicain autour de Jean-Pierre Chevènement.     

- L'idée d'une 6° République est-elle une idée utile, pour dégager l'actuel système qui n'a plus rien de semblable avec la V° République du Général ?
La 5ème République demeure, mais c’est un édifice ébranlé par le quinquennat. La 6ème République est un slogan qui annonce de timides réformes et pas le bouleversement que certains annonçaient il y a quelques années.


- Manque-t-il d'une grande force politique aujourd'hui, et d'où pourrait-elle émerger si cela est possible ?
Nous appelons à la réunion du « parti des politiques », qui est le parti des patriotes de droite et de gauche rassemblés pour le salut de la nation. Le parti des politiques remonte au 16ème siècle, il rassemblait catholiques et protestants soucieux d’en finir avec les guerres de religion. Il s’est reformé pendant la guerre autour du général de Gaulle et dans le Conseil national de la Résistance. Il faut qu’il renaisse pour sortir la nation de la crise économique et financière et pour empêcher que la droite radicale ne creuse les divisions entre citoyens français.


- Peut-on diagnostiquer que c'est à un manque d'énergie royaliste, que le mouvement au sens large, n'adhère pas aux attentes des Français et demeure confidentiel ?
Ce n’est pas l’énergie des royalistes qui fait défaut mais il y a bien, quelque part, un défaut d’énergie.

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Minéraline 20/06/2012 07:44


Prem's ;-)


Ces deux articles m'intéressent, mais pas eu le temps de les lire... je me les garde pour ce soir au calme.


Bravo à toi, car cela montre un engagement pour des sujets qui me tiennent à coeur.


Bonne journée et à très bientôt !


Bisous,


 


Minéraline