Duc d'Anjou : pile ou face ? Les branches de Bourbon-Anjou et d'Anjou-Orléans

Publié le par RN 1 ©Copyright Royauté-News2012

 

Depuis que le Comte de Paris actuel est devenu en 1999 le Chef de la maison de France, il s'est consacré, dans le domaine familial, à la réparation d'erreurs. On peut espérer donc qu'il trouvera éventuellement une réponse pour réparer celle d'attribuer en 2004 à son neveu Charles-Philippe d'Orléans, le titre de Duc d'Anjou.

 

Normalement et théoriquement, il n'y aurait pas dû se trouver de difficulté. A ceci près deux raisons ; ce choix, dans la maison d'Orléans, recelait une stratégie d'attaque contre la branche espagnole des Bourbons. Chacun sait en effet, que cette branche porte depuis plusieurs générations le titre de Duc d'Anjou, sous lequel elle est connue; et l'esprit partisan, relayé par la nature querelleuse des Français, annonçait à l'avance et par nécessité, des complications qu'il eût été judicieux d'éviter.

 

Ce choix destiné à dénigrer l'autre branche était le dernier acte complétant une série désagréable lancée alors qu'il n'était encore que le Comte de Clermont et l'héritier de la branche d'Orléans, du vivant de son père, le Comte de Paris historique.

 

Les choix de la maison d'Orléans pour ce qui concerne leur sens royal sont particulièrement judicieux, parfois. Mais pas toujours. En l'occurrence, une de mes amies, T.R., après l'attribution du titre de Duc d'Anjou par le Comte de Paris à son neveu, avait au sein de la sphère royaliste spirituellement qualifié ce choix comme un titre de discourtoisie. Et que la réaction générale des Légitimistes, très pertinente, a été de dire : que si de leur côté était apparu un titre déjà employé par les Orléans, (comme celui de Comte de Paris par exemple...) quel tollé, quel scandale !

 

Effectivement, l'emploi d'un titre utilisé depuis très longtemps (cent-vingt ans environ) par deux branches espagnoles dont la seconde, celle de Louis de Bourbon, se considère l'héritière de la première, aurait dû dissuader l'actuel Comte de Paris, afin d'éviter les affrontements inévitables et prévisibles, produits et jusqu'aujourd'hui, entre royalistes à ce sujet. La seule branche actuelle du Prince Louis emploie le titre de Duc d'Anjou depuis trois longues générations. Tout en ayant risqué une dissonnance, le bénéfice escompté par la branche d'Orléans ne fut cependant pas au rendez-vous puisque l'on sait bien que le Duc d'Anjou est Louis de Bourbon, que ce nom et sa véritable face correspondent bien à l'avers de la médaille, et que de l'autre côté l'aventure ne se solde que par un revers.

 

Comprenons bien qu'en dehors de ce qui était une déclaration de guerre contre son jeune cousin, et qui est un aspect non négligeable, et après des péripéties antérieures que nous ne détaillerons pas, le Comte de Paris avait, et a tout-à-fait le droit, strictement parlant d'employer les titres officiels d'autrefois, ceux de l'Ancien-Régime. Sachant que dans notre texte comme dans la logique du sujet, il ne s'agit pas ici d'inviter une querelle déjà bien trop présente et qui emploie (à bon escient ?) les royalistes mais ceci est leur affaire, ni de savoir pour l'instant si l'une de ces deux branches est mieux placée que l'autre en tant qu'héritière des rois de France.

 

Ce choix était d'autant plus fâcheux, que les droits sont bien établis du côté de la branche de Bourbon pour porter ce titre de Duc d'Anjou, et tout au moins on aurait dû, de l'autre côté, ne pas l'ignorer. En effet, la position officielle Légitimiste a toujours fait état de sa conception, à savoir que les titres employés par les Bourbons ne sont pas considérés (citation) comme réguliers (*), mais qu'il s'agit de titres d'attente. Que donc les griefs de militants pro-Orléans dans cette question tombent à plat.

 

Mais il existe aussi une autre raison fondamentale, que j'ai énoncée déjà ; en la considérant suffisante en elle-même pour justifier le plus complètement, l'utilisation valide de quelque point de vue que l'on se place, du titre de Duc d'Anjou par la branche de Bourbon ; et cette justification rejoint d'ailleurs le sentiment exprimé autrefois par Alphonse, le Duc d'Anjou et de Cadix, le père de Louis de Bourbon.

 

Cette raison est celle du rappel de l'origine de la branche, qui vient de Philippe, Duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, devenu Philippe V en montant sur le trône d'Espagne. Il s'agit de surcroît d'un titre patrimonial, et cette seconde justification double la précédente. Chacune d'elles est suffisante, sans passer par la raison qui serait valide aussi, d'user, comme héritière, des titres employés par les rois de France pour leur famille, mais justement, que cette branche volontairement n'utilise pas. (**)

Notre double justification se redouble ensuite du fait que la tradition valide les titres, ou autres, qui désignent l'origine d'une famille, ou d'une branche, etc. Le Prince Alphonse, de son côté, tenait à ce rappel d'origine. La branche des Bourbons, et d'ailleurs tous les Bourbons d'Espagne ont toujours rappelé sans interruption leur lien d'origine avec leur aïeul Philippe, Duc d'Anjou. Au point que les rois d'Espagne ont pour écu celui d'Anjou, qui sont leurs armes propres, et ceci manifeste bien en outre une volonté continue de se situer dans cette origine dynastique, celle d'une famille issue d'un prince de la maison de France. Et ceci dédouane la branche de Bourbon pour toute velleité de critique.

 

Il existe donc toute faculté de considérer qu'il se trouve deux Ducs d'Anjou, et il ne s'agit pas de deux candidats au même titre, ce qui pourtant ne poserait en théorie comme nous le disions au début, de difficulté, cette situation étant très fréquente dans l'Histoire des monarchies et ce, jusqu'aujourd'hui. Il existe donc deux Duc d'Anjou différents, qui n'ont en commun que leur homonymie, et de fait, il ne peut y avoir deux candidats pour le même titre puisque... il ne s'agit pas du même. L'un correspond à un titre que peut octroyer le Chef de la maison de France, il s'agit de l'équivalent d'un apanage que donnaient les rois aux princes leurs enfants ou à d'autres membres de leur famille. De l'autre, il s'agit d'un lien de branche, titre de rappel de branche et d'origine, se doublant d'une qualification patrimoniale conforme aux usages royaux français.

 

L'appartenance de chacun des deux princes à une famille différente, mais encore très nettement distinguées par tous l'une de l'autre, exclut toute possibilité aujourd'hui de confondre l'un et l'autre, d'autant plus que leur prénom diffère.

 

Une autre raison facilite les choses dans tous les cas pour ne pas confondre les deux princes. Ils appartiennent, l'un à la maison de Bourbon-Anjou, l'autre à la maison d'Anjou-Orléans.

 

Cette raison elle aussi est conforme à la fois à la tradition et à la logique historique : [ celle comprise dans ce que retiennent les spécialistes ] celle du temps qui passe et qui distingue les banches les unes par rapport aux autres, les désignant, sous le choix fixé des auteurs, parfois différemment de celui qui opère en d'autres contextes. Le souhait en 2004 du Comte de Paris, que son neveu inaugure une nouvelle maison d'Anjou, se situe bien dans la perspective royale et dans la tradition des branches.

 

D'un côté, ni de l'autre, on ne peut alléguer que l'un s'attribue finalement ce qui appartient à l'autre, même si ce fut d'abord le cas, et même si nous estimons que cette erreur de choix pourrait être réparée encore. Mais foncièrement, ce choix n'entraîne pas de conséquence fâcheuse pour cause de toutes ces raisons évoquées, et parce que la solidité qui se trouve du côté de la branche de Bourbon ne craint pas à son encontre des péripéties mal ciblées ou mal assurées. Et finalement, sans portée.

 

(*) Cette excellente position est indiquée pour donner la conception Légitimiste à ce sujet. Cela n'entraîne pas notre avis, même si son raisonnement est juste.

 

Notre position, sans la développer, est que cette notion des titres réguliers ne concerne et ne peut concerner les familles royales, et que son principe ne les concerne pas par définition. Sur le fond, notre position rejoint celle du Légitimisme officiel [ et en lien avec la note suivante ]  :

 

(**) Bien que des titres de l'Ancien-Régime soient utilisés au sein de la sphère de leurs partisans, par les Bourbons et que ces titres officiels ne soient cependant pas portés véritablement dans le public, il s'agit toujours de titres qui ne sont pas employés par l'autre branche, et ils ne concernent jamais le Chef de famille, qui s'en tient à ses titres habituels, propres à sa branche, et en adoptant volontairement une présentation qui tienne compte de l'absence effective de monarchie.

 

 

 

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Commenter cet article

Un petit Belge 03/03/2012 21:23


Je pense qu'il y avait déjà eu suffisamment de polémiques au sein de la Maison d'Orléans dans les années 80 et 90 (séparation des comtes de Paris, remariage du comte de Clermont, désignation du
prince Jean comme successeur à la place de son père, querelles d'héritages, livres du prince Jacques contre son père, refus de la princesse Marie que son père la conduise à l'autel, etc.) sans en
créer une nouvelle. Il y avait suffisamment d'autres titres à attribuer au prince Charles-Philippe, et je pense en particulier à celui du duc de Nemours car le dernier duc de Nemours était très
proche de Charles-Philippe et de ses parents.

RN 1 04/03/2012 11:55






Vous avez raison et pour Charles-Philippe le titre de Duc de Nemours, spécifiquement Orléans, aurait été parfait pour Charles-Philippe. Il y en a
d'autres aussi.





Bonne journée !






Lisa L. 02/03/2012 16:18


A votre service ! 

RN 1 04/03/2012 11:46













Edmée De Xhavée 02/03/2012 10:53


Effectivement, on s'y perd Il faudrait une carte généalogique, ha ha! Bises

RN 1 02/03/2012 14:54






S'y perdre, c'est le but !





Cependant, un tableau presque achevé sera visible dès ce soir, cliquable depuis cette réponse.





Bonne journée Edmée, et très grandes bises !





             La Famille Capétienne






Lisa L. 01/03/2012 23:30


Bonsoir,


Il semble qu'avec "la querelle" en général, et ce sujet en particulier, on ait trouvé le secret du mouvememnt perpétuel  ! J'aime beaucoup le dernier paragraphe que n'aurait pas renié le roi
Salomon lui-même .


Je vous lis toujours avec intérêt.

RN 1 02/03/2012 14:50






Bonjour Lisa L. et merci !





Je note votre expression sur le mouvement perpétuel, que je citerai avec votre permission.





Bonne journée 






Flo-Avril 01/03/2012 16:32


Bon développement de cette branche de Bourbon-Anjou et Anjou-Orléans, quand même de quoi y perdre son latin


Flo

Michel 01/03/2012 20:24






Oui Flo, mais il faut dire que ces articles ne permettent pas facilement à ceux qui ne connaissent pas ce sujet de les aborder. Donc, si c'est compliqué,
c'est normal, mais il y en aura par la suite qui seront destinés à la découverte du sujet.


Mais il ne faut pas s'étonner avec ce sujet-là : cette dynastie n'a jamais posé que des complications, et comme de plus, les royalistes en général (pas
tous !), n'ont jamais eu la plupart du temps qu'une attitude brouillonne et n'ont fait que tout compliquer encore plus...


Très grandes bises Flo, et très bonne soirée !