L'interview d'Edmée De Xhavée

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Edmée De Xhavée est un auteur belge, qui a publié au début de l'année 2009 un premier roman, Les Romanichels. Issue de la grande bourgeoisie, cadre dans lequel elle évoque la saga familiale, avec jubilation les personnages riches en couleurs qu'elle a connus.  

 

Elle est aussi un auteur de nouvelles, et a fait paraître  La brodeuse, dans un recueil, aux Editions Librisme.

 

Elle a publié De l'autre côté de la rivière, Sybilla, son nouveau roman paru le 17 Mars 2011. Ici, se confrontent deux milieux, avec un autre regard. Un frère et sa soeur qui grandissent à l'abri de leur bourgeoise famille maternelle, protégés par leur gouvernante, Sybilla, et qui vont découvrir peu-à-peu la famille de leur père. 

 

Edmée De Xhavée vient de revenir s'installer en Belgique, après quinze ans passés aux Etats-Unis.

 

Son écriture, qui a la délicatesse classique, m'a conquis. Un petit quelque chose qui fait la littérature. Sa tournure poétique est parfois saisissante, lorsqu'elle évoque par exemple Superga, Le grand sommeil de la casa di Savoia .

 

Ici pour trouver les ouvrages d'Edmée de Xhavée, ou en ligne ici  ou ici

 

 

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L'interview d'Edmée De Xhavée -


 

     - Comment a pris naissance ta vocation littéraire consciente ?


Quand la rédaction des "Romanichels" a été terminée, j'ai lu et relu le résultat. Je me demandais "Si je ne me connaissais pas et que je lisais ceci, aimerais-je?" Et j'aimais. Il était - et est encore - très perfectible, mais j'avais l'impression que c'était quand même pas mal et mieux que certains romans d'auteurs connus et encensés! Alors j'ai eu envie de le lancer dans le vaste monde et de vérifier la réaction de ceux qui, eux, ne me connaissaient vraiment pas!!!!


 - Quelle est l'idée qui t'a conduite à aboutir à ton premier livre, Les Romanichels ? C'est-à-dire à quel moment as-tu décidé de saisir sous forme de roman ces souvenirs ?

Bêtement sans doute. Mon frère - l'auteur Vincent Sarti - avait décidé d'utiliser une partie de ses souvenirs pour en faire un roman. Par internet il m'envoyait chaque semaine ce qu'il en avait fait, et par jeu je me suis mise à canaliser mes souvenirs pour faire un roman tout à fait différent. Et je lui envoyais aussi le résultat. Nous avons donc écrit en même temps et avons terminé en même temps ! Lui comptait chercher un éditeur dès le départ, alors que moi, je voulais simplement faire un exercice.

 

 - Le patrimoine familial, avec son environnement culturel, comme est-il nécessairement la source de ton inspiration, est-il le fil d'Ariane ?

Il l'a certainement été. Le fil d'Ariane pour sortir d'un labyrinthe social bien compliqué qui semblait vouloir me retenir prisonnière. J'ai constaté que l'écriture de ce premier livre a été cathartique, me guidant vers moi-même et me libérant du regard des autres. M'aidant aussi à comprendre des comportements qui, vus de l'extérieur et décrits comme étant ceux de personnages fictifs, se libéraient du manque d'objectivité dû à l'émotivité. Imaginer ma mère petite fille par exemple, ou jeune fille pleine d'illusions, m'a permis de voir la femme difficile qu'elle savait parfois être avec une compassion amicale.

   - Dans quel modèle d'écrivain, si c'est le cas, te retrouverais-tu, comme auteur ?


On me compare souvent à Colette Nys-Masure, ou Jacqueline Harpman par exemple. Marie Gevers. Je ne connais bien que Jacqueline Harpman et je trouve que c'est très flatteur! Personnellement j'aime beaucoup Joyce Carol Oates, parce que comme moi (ou moi comme elle...) elle insiste sur l'incidence des vies les unes sur les autres. Une mère anxieuse, un père trop strict influenceront la personnalité de leur enfant qui à son tour réagira en reproduisant ou fuyant tout ce qui le leur rappellera.


   - Quels sont tes auteurs préférés, dans la grande littérature, ou parmi les bons auteurs actuels ?

Je suis horriblement éclectique! En dehors de Jacqueline Harpman et Joyce Carol Oates déjà citées, j'aime - parmi d'autres! - Jumpa Lahiri, Louise Erdrich, Ian McEwan, Gustave Flaubert, James Welch, Georges Simenon, Alberto Moravia... Ces dernières années, vivant aux USA, j'ai automatiquement découvert pas mal d'auteurs de langue anglaise.
                        
   - Comment s'est présenté l'enchaînement du premier au second roman, quand tu as su que tu allais continuer ?

J'ai enchainé tout de suite avec le second! Il faut dire que j'écris très très vite une fois lancée, j'ai mis deux mois pour le premier et deux pour le second. Plus les corrections, qui prennent plus de temps. Oh oui, j'ai tout de suite su que je voulais continuer!

   - As-tu souhaité engager une relation longue avec tes lecteurs ?

Certainement, oui! Il y a un grand plaisir à me dire que si on aime mon style on attend que je sorte quelque chose de nouveau, parce que moi aussi au fond je guette les oeuvres que mes auteurs préférés publient. Je sais que je vais y trouver quelque chose qui m'est nécessaire et qui est pourtant parfois juste déguisé en ... distraction.


  - Peux-tu nous parler de tes objets littéraires ?

 

J'ai écrit les deux romans, et le recueil de nouvelles qui sortira l'année prochaine. Puis une nouvelle assez longue (La brodeuse) a été publiée aux Editions Librisme en Suisse. Je participe aussi aux concours, non pas pour un prix (bien aléatoire!) mais pour le défi. En effet il y a un nombre de caractères, un thème et un délai à respecter, et c'est plutôt stimulant. Ca me conduit surtout vers des sujets que je n'aurais pas abordés autrement. J'ai aussi un blog (http://edmee.de.xhavee.over-blog.com) que je nourris chaque semaine, et j'ai collaboré pendant longtemps depuis les USA, à une rubrique sur le site de ma ville, www.bestofverviers.be, rubrique destinée à présenter mon coin du New Jersey à ma ville natale.

   ... et l'écriture de nouvelles est-elle aussi passionnante, et importante ?


Je n'y ai pas encore vraiment pensé. Le prochain livre sera un recueil de nouvelles, l'écrire m'a enthousiasmée, je n'ai aucune idée de comment il sera perçu, je sais que c'est une autre approche...


  - Conserves-tu pour ce milieu une grande tendresse ? 

Tout à fait! Je suis issue de ce milieu et il y a des "petites gens" partout, quelle que soit l'éducation et le milieu. Au fond tout revient à la simplicité naturelle que l'on a, et l'indépendance d'esprit. Je vivais dans une petite ville de province qui passait par un déclin tragique et brutal de son statut de ville riche à ville presque fantôme. L'argent changeait de mains, les puissants changeaient de nom, la roue tournait. Dans ce chaos la société existante se cramponnait à des étiquettes obsolètes, refusant d'affronter l'inévitable. En même temps, je réalise qu'avoir passé mon enfance et ma jeunesse dans de belles maisons et propriétés, avec des gens qui pour la plupart avaient des manières désuètes et charmantes, et souvent une vraie noblesse de caractère ... ce fut un honneur et un privilège. J'ai beaucoup de tendresse et souvent de respect pour ce milieu sauf s'il y a la moindre forme de snobisme ou supériorité "par droit de naissance". Je n'aime pas ça...

 

Merci chère Edmée !

 


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Eliane 10/10/2011 15:35



La belgique mon pays que j'aime est bourrée de talent !


merci Michel pour cet article


bon lundi



RN 1 19/10/2011 21:39



 


Oui, et il fait bon de le découvrir !


 


Merci Eliane, et bonne fin de soirée


 



cerise-deco 10/10/2011 10:19



tu sais , je suis en bretagne jusqu'à la fin du mois





bisous++



RN 1 19/10/2011 21:38



 


Très bonne soirée Cerisette !


 


Je te dis à très bientôt. Très grandes bises


 



annielamarmotte 10/10/2011 08:53



belle interview!!!



RN 1 19/10/2011 21:37



 


Merci Annie !


 


Très grandes bises et très bonne soirée


 



Ava 10/10/2011 00:00



J'adore ce prénom "Edmée", beau visage de femme.. et certainement très bon écrivain ! 



RN 1 19/10/2011 21:36



 


Bonsoir Ava !  L'un et l'autre sont vrais !


 


Très bonne soirée et très grandes bises


 



TR 09/10/2011 20:49



Merci pour cette entrevue, qui donne vraiment envie de lire ces livres!


Et quand on va sur le blog d'Edmée de Xhavée, qu'on lit sa description (le mot est pauvre) de Superga, que j'ai eu le plaisir de voir, on plonge avec délice
dans son écriture chaude et chatoyante, comme dans une couette (je dois être inspirée par le retour du froid...
)


R-N 2