Le point sur Saint-Nicolas-du-Chardonnet

Publié le par RN 1 ©Copyright Royauté-News2012

 

 

L'instructif dossier consacré aujourd'hui par Libération à Saint-Nicolas-du Chardonnet, haut-lieu de la tradition catholique, mérite quelque mise au point. Je ne suis pas un fidèle de cette mouvance, et le Site pour sa part prône l'entente de tous les Catholiques avec Rome et le respect de toutes les tendances de l'Eglise pourvu qu'elles soient respectueuses de la foi. Sa position aussi est celle qui déplore les blessures de jadis entre les Catholiques et les Protestants et souhaite que ces blessures soient un jour refermées.

 

Ce dossier Avec foi mais sans loi fait ressortir les mêmes idées qui reviennent à intervalles réguliers dans la presse. Le fait "qu'aucune autorité n'ait voulu prendre la responsabilité de les exclure" [ c'est-à-dire l'état, ou la hiérarchie catholique ], et que ce lieu de culte serait un repaire de fidèles proches de la toute extrême Dextre.

 

Le Site va tenter d'apporter quelques réponses. Les Catholiques d'alors qui suivaient la Tradition ont eu raison de s'emparer en 1977, d'une église, au moins. Face à la nécessité que représentaient l'exercice du culte, cela était justifié et face à la loi, justement elle prévoit que les lieux de culte catholique doivent être affectés aux Catholiques. A l'heure qu'il est, certains lieux de culte parisien servent à tout-à-fait autre chose, sous le déni des autorités ecclésiastiques.

 

Dans le Droit français, existe une disposition générale, laquelle peut-être ne s'applique pas forcément dans tous les domaines, mais elle appartient aussi à l'esprit du Droit et sous les cas où elle se constate, à la Jurisprudence.

 

Cette disposition est celle qui valide un usage trentenaire, pourvu qu'il soit bien avéré et continu, et même quand l'exercice de cette habitude, de cet usage ou de cet état de fait n'est pas accepté par la loi. Avec un bon avocat, ça doit être largement suffisant.

 

Comme entre-temps, Rome a levé les excommunications, le seul argument solide des plus hostiles - et peu charitables - aux traditionalistes n'existait plus. Voilà pourquoi, qu'on se le dise, la guerre n'aura pas lieu.

 

Comme la plupart des articles évoquant la Tradition Catholique, ils ne manquent pas d'indiquer qu'elle serait naturellement reliée à certaines mouvances publiques, ou encore à certaines nostalgies comme celle de l'Algérie Française, ou plus anciennes.

 

Il existe plusieurs strates dans l'histoire des années de la Tradition en France depuis en gros le début de l'occupation de cette église.

 

Dès le début, la presse avait exagéré. Après la prise de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, les journalistes de l'époque et les autres ont interprété à tort la présence de membres de mouvements politiques notamment, lors des moments qui ont suivi. Mais ils venaient observer. Et cela se passait devant les photographes et autres reporters. Une fois fini, ceux, observateurs, ou curieux, voire sympathisants, ne revenaient pas.  

 

C'est ensuite, seulement, qu'une certaine connivence se retrouvait dela part de certains fidèles avec une certaine mouvance emmenée par un Breton. Et réciproquement. Car celle-ci cherchait à entretenir des rapports avec tous les milieux qui pouvaient supporter un certain état d'esprit favorable à la défense des intérêts traditionnels et locaux. On verra même le Breton à plusieurs reprises chez des producteurs biologiques.

 

Et au fil des évolutions, on en arrive à la situation actuelle bien soulignée, au fond, par le dossier. Une mouvance dans la mouvance, qui refuse les tentatives de la hiérarchie Lefebvriste pour se réconcilier totalement avec Rome. Qui entretient, c'est vrai très certainement, des sympathies avec certaines idées très rétrogrades ou plus que contestables. Mais cela ne concerne pas vraiment les fidèles, en général, à mon avis. Les autres réponses sont contenues dans l'avis lui-même de fidèles, publié dans ce dossier de Libération. Les usagers du culte viennent d'abord pour l'exercice de ce culte, et ne prêtent pas attention à des évocations parallèles.


 

Il y a toujours eu dans l'Eglise Catholique une tendance à agréger tout un tas d'autres choses. Le fait qu'une partie de ces fidèles de la Tradition, et qu'une partie des prêtres de cette partie de l'Eglise Catholique, soient en phase avec des idées mises au ban aujourd'hui... peut-être. Mais les questions ne doivent pas être posées avec amalgame comme peut le faire un journaliste en mal d'article. Le dossier, même s'il mêle trop les étiquettes, pose quelques questions, utiles pour tous ceux qui pourraient se sentir concernés... Et dans l'ensemble, ce dossier paraît honnête malgré des confusions qui sont celles de beaucoup de monde, même, sinon surtout... chez les diplômés. Associer Pétain et Franco, la Guerre d'Algérie ou autre, en pointant du doigt et en emballant tout et tous, c'est une des erreurs dont est pavée la bonne conscience contemporaine.

 

La grande faille qui semble avoir existé, dans la Tradition Catholisme en France durant cette époque, aura été de la voir conduite par certains prêtres (Abbé Laguérie, Abbé Beauvais...) qui semblent s'être démarqués de la stricte tradition catholique, et qui associent foi et opinions. Cela en général ne fait pas bon ménage. Mais c'est de cette culture de l'exclusion, qu'il en est le produit. Et l'intransigeance initiale de l'autorité ecclésiastique en a toute la part.

 

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