Une erreur s'était plusieurs fois il me semble glissée, dans le magazine Point de Vue, et à nouveau dans l'un des tout derniers numéros, celui rapportant le mariage
d'Arcangues. Elle qualifie le duc d'Uzès de premier pair de France.
Un lecteur ayant écrit a la revue a pleinement raison disant que sous l'Ancien-Régime le premier de tous les pairs était l'Archevêque de Reims.
Sous l'Ancien-Régime, les pairs ecclésiastiques passaient bien avant les pairs laïcs. Ce qui déterminait le rang des pairs laïcs étaient l'ancienneté de leur
pairie (elle-même consédérée seulement à partir de la date, non de sa délivrance mais de son enregistrement).
Le duc d'Uzès est le plus ancien duc et pair de France depuis 1632 (extinction de Montmorency), qualité qui ne peut lui donner celle de premier pair de
France.
De ce fait, le duc d'Uzès a toujours eu le premier rang depuis 1632 parmi les duc-et-pairs laïcs sous l'Ancien-Régime jusqu'à 1789. Rang retrouvé
naturellement en 1814.
L'expression de premier pair de France, employée dans de nombreux ouvrages anciens, n'est pas un titre, mais le rappel du rang, situant parmi les seuls pairs
laïques autres que les membres de la maison royale, le duc d'Uzès qui précédait tous les autres pairs. Il prononçait à la mort du roi, la phrase célèbre : "le roi est mort. Vive le roi
!"
Dans son article sur Arcangues, Stéphane Bern a évité l'erreur, citant le duc d'Uzès comme le premier duc et pair de France, ce qui est pleinement exact.
La qualité de Premier Pair de France appartenait sous l'Ancien-Régime au Duc d'Orléans, dont le descendant et héritier direct est aujourd'hui Le Comte de
Paris.
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Georges Mouton (A770-1838) naquit à Phalsbourg dans un milieu modeste. Soldat en 1792, il devient lieutenant des Armées du Nord, capitaine, puis combattit en Italie
(1796) et devient chef de bataillon. Aide de camp de Meunier puis de Joubert en 1799, il est général avec Bonaparte en Janvier 1805 et son aide de camp deux mois plus tard.
Il se distingue à Iéna, à Pultusk, à Friedland, et il est fait général de division en 1807. En Espagne, il enlève Medina de Rio Seco à la baïonnette le 14 Juillet 1808. Le 10 novembre, il
contribue pour une grande part à la prise de Burgos.
Il est ensuite à la Grande Armée. Le 21 avril 1809, il effectue à Landshut une manoeuvre sur un pont embrasé qui emporte l'admiration de Napoléon et de toute l'armée.
Le 10 mai, il s'empare glorieusement d'Essling sur les Autrichiens, à la tête des fusiliers de la garde impériale. Cet action d'éclat, jointe à son attitude au combat de l'île de Lobau sur le
Danube, lui valent le titre de Comte de Lobau.
Il devient Grand Officier de la Légion d'Honneur et Inspecteur général d'Infanterie. Napoléon le charge de la révision du personnel de l'armée.
En 1812, il est à la Campagne de Russie. En 1813, à la Campagne de Saxe, il se distingue à Bautzem et à Culm, contribuant à ces victoires. Assiégé dans Dresde, il est après la capitulation de
Gouvion-St-Cyr conduit en Hongrie.
A la première Restauration, il est fait Chevalier de Saint-Louis.
Au retour de l'Ile d'Elbe, il prend le commandement de la 1ere division militaire et il est fait pair de France le 20 Mars 1815.
Il se signale le 18 Juin à Ligny, puis, à Waterloo où il commande l'aile droite, il résiste avec 6000 hommes aux 30 000 du Général Bülow. Prisonnier, il est conduit en Angleterre. A son retour,
la seconde Restauration le place en non activité (1819).
Il devient député de la Meurthe en 1828.
Favorable à l'opposition libérale, 1830 le voit nommé Commandant de la Garde Nationale de Paris par Louis-Philippe, le 25 décembre. Membre du gouvernement provisoire, il reçoit le bâton de
maréchal des mains du roi (1831) et il est nommé pair de France en 1833.
Il conçoit, avec Gabriel Delessert, le Préfet de Police de Paris, l'ingénieuse idée d'utiliser des pompes à incendie pour repousser les émeutiers lors de l'inauguration de la statue de Napoléon
place Vendôme. Tout le monde rendit hommage à son humanité, et la presse le surnomma "Le Maréchal humide".
Napoléon disait que "son Mouton était un vrai lion". Le Maréchal s'éteignit le 27 Novembre 1838.
Remarquons ceci quant au titre de Comte de Lobau : il était très rare que Napoléon, donnât des titres associant un nom de lieu ou de personne, c'est-à-dire dans les titres qu'il donnait en
général et en dehors du cas particulier des maréchaux ayant remporté un victoire. Mais Lobau est me semble-t-il le seul titre de victoire ou rappellant un fait d'armes qui ne soit pas l'un des
ducs donnés aux maréchaux des victoires. Il est aussi le seul titre rappelant un fait d'armes en dehors des grands titres de victoire.
Une autre particularité encore, est qu'il s'agit du cas unique d'un général ayant reçu de Napoléon ce qui équivaut à un titre de victoire sans être maréchal. Il devra son élévation à
Louis-Philippe.
Mouton de Lobau avait épousé un princesse, non de la maison d'Arenberg comme l'indiquent plusieurs sources écrites, mais la Comtesse Félicité, de la très vieille maison d'Aarberg.
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Le 26 Août 1944, le Chef de la France Libre, le Général de Gaulle, entouré d'une partie de ses fidèles compagnons, dans une simplicité ardente, retrouvait les
Français et descendait les Champs-Elysées au milieu d'une joie indescriptible.
La veille, l'acte de reddition allemande, signé par le Gouverneur Militaire de Paris, le Général von Choltitz, était reçu par le Général Leclerc. Une plaque, Place Montparnasse,
commémore cet acte. Au soir du 25 Août, après avoir rejoint Leclerc à Montparnasse, le Général prononce le discours historique de la Libération à l'Hôtel de Ville : "Paris ! Paris
outragé ! Paris brisé! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout
entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle."
Le 26, Le Général, entouré de ses fidèles, notamment du Conseil National de la Résistance et des Généraux Leclerc, Koenig, Valin, et Juin et de l'Amiral d'Argenlieu, est acclamé de la Place
de l'Etoile jusqu'à Notre-Dame, où il assiste au Te Deum d'action de grâces. Une fusillade éclate sur le parvis. Dans la Cathédrale, un premier mouvement de panique s'empare de l'assistance. Le
Général reste impassible et la cérémonie se poursuit.
Mon Père, résistant et combattant des Combats de Paris du 19 au 24 Août 1944, me disait que le 26 encore, tandis que se déroulait le défilé, des combats isolés
se poursuivaient dans Paris. Il me disait aussi que les Français, découvrant pour la première fois le Général de Gaulle, dont ils ne connaissaient que la photo, se disaient les uns les autres :
"Qu'il est grand, not' Général !"
Paris est libéré, mais tout reste à faire. Le Général doit faire figurer la France parmi les négociateurs de la Paix, au même rang que les alliés et aux côtés des Etats-Unis et de l'Union
Soviétique.
La Libération du pays n'interviendra qu'au mois de mai 1945. Fidèle au Serment de Koufra, par lequel il avait dit : "Je franchirai le Rhin, et j'irai jusqu'au Danube", Le Général Leclerc et
sa Deuxième Division Blindée repoussent les armées allemandes jusqu'à la Capitulation finale.
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"C'est la bataille de France, c'est la bataille de la France !
(...) Demain, un jour nouveau se lèvera, et elle brillera à nouveau au soleil de son Histoire."
Charles de Gaulle
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Le 1er Mars 1808, Napoléon Ier créait un système de récompenses accessibles au public sous forme de titres empruntés pour leur nom à l'univers qui s'était effondré à partir de 1789. Ainsi
naissait ce que l'on appelé la noblesse d'Empire.
Quel dessein entretenait l'Empereur, tandis qu'on lui doit à la fois la fin des folies et de l'errance révolutionnaires, et la mise en application de ce que la Révolution avait apporté de
meilleur, elle ou le mouvement qui l'avait supporté ?
La nécessité de bâtir le régime nouveau sur l'armature de serviteurs de valeur, dévoués à sa personne, et celle de toute société, justifient cette création qui n'est pas la moindre du génie
napoléonien.
On doit à Jean Tulard, le meilleur spécialiste mondial de l'Empire et en particulier du phénomène de la noblesse d'Empire, les premières et fondamentales études qui lui ont été
consacrées depuis 1979. "Napoléon et la noblesse d'Empire", parce qu'il jette au clair pour la première fois les bases de l'étude de cette institution, en écrivant l'essentiel de façon solide,
dégagé des approches inexactes auparavant fleuries, cet ouvrage, depuis réédité et légèrement augmenté, qui comprenait la liste de ceux qui avaient reçu un titre de l'Empereur, est un
monument.
à suivre...
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