
Quand on naît Castries, on reçoit l'Histoire en héritage. Celui qu'aujourd'hui nous présentons, cette vérité ne dément. Sa conversation toujours incisive allégue l'Histoire avec la familière facilité de ceux qui l'ont faite, et emporte le trait de cette inimitable culture française qui, évoquant les époques diverses, les restitue en un imperturbable Présent.
Après la sortie en 1996 de son premier livre : Père di Falco, l'attaché de presse de Dieu (du Rocher), la publication de Règlements de Comtes (1998, éditions du Rocher), établit sa réputation d'esprit indépendant. Un chroniqueur (L'Express) s'interroge alors : " Charles de Castries serait-il le mouton noir de la noblesse"?
En 2002, paraît le Manuel du savoir-survivre en société, conseils d'un méchant homme pour tirer son épingle du jeu en toutes circonstances, (du Rocher). Il publie également, en 2003, l'étonnant Cathos aujourd'hui, et si l'Eglise avait raison ? au Dix de Coeur, confirmant ainsi sa présence parmi les auteurs réguliers.
Quand j'évoque une plume féminine jeune et trentenaire dont j'apprécie les articles, espérant qu'elle s'engage plus souvent, il me répond : - Il y en a marre du Jeunisme ! Les jeunes n'ont plus les pieds sur terre. Il faut de l'expérience ! Ce sont les lois incontournables de la nature. Il faut réapprendre le respect d'autrui, le respect des anciens...
Son opinion sur les jurys ne donne cependant pas dans la critique de convention. Il affirme l'excellence de Gallimard, la grande qualité de son jury de lecture apte à flairer ce qui réussira. "Les auteurs confirmés nous aident à faire un choix intelligent, et font sortir des auteurs inconnus. Ils ont le nez pour débusquer un auteur avec du potentiel". Et de citer Sagan, qui peina longtemps, à la recherche d'improbables avances d'éditeurs...
"Il faut de l'argent aujourd'hui pour pouvoir écrire", affirme Charles de Castries."L'écriture ne rapporte rien, et peu d'auteurs sont au courant de ce qu'ils vendent". Lui-même regrette qu'on n'ait jamais consulté son avis pour les couvertures et les traductions, qu'on ne l'ait pas prévenu non plus du montant des ventes.
Après quelques années et plusieurs livres, Charles de Castries persiste en ce jugement qu'il portait déjà et jette un regard sans concession sur ce milieu parisien inconsistant et vaniteux rassemblant pêle-mêle rejetons des anciennes familles, noctambules et vedettes mondaines, qu'il pourfend joyeusement au travers de ses interviews. "- Ils dansent sur un volcan !" affirme-t-il.
Il juge notamment les plus jeunes de ce milieu de la Finance et des affaires "incultes, inconsistants, sans aucune culture". Et cite pour exemple la visite qu'il organisait au Louvre pour les invités, Français et étrangers, d'un célèbre bal parisien : "Tous ont voulu voir la Joconde ! Pas un seul n'a demandé La Victoire de Samothrace, ni la Vénus de Milo, ni les autres chefs d'oeuvre de Vinci, ni Arcimboldo..."
"- Les gens qui se pressent aux inaugurations, pour trois petits fours, m'indisposent et les phénomènes de masse ne me concernent pas."
Charles de Castries, dont on se souvient du duel dans VSD avec Hermine de Clermont-Tonnerre, et qui participe à l'occasion à des émissions culturelles, comme récemment chez Stéphane Bern, dans Secrets d'Histoire, avoue pour la suite un projet d'écriture... et cette nouvelle est heureuse. Les domaines auxquels il s'intéresse ont pour nom les choses sociales, culturelles, historiques. "- Qui connaît les clés du passé connaît celles de l'avenir... Un bon historien est celui qui serait capable de préparer l'avenir".
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