Gonzague Saint Bris ne fait pas que danser le Rock avec des jeunes filles sept fois plus jeunes que lui. Il dit aussi des choses intelligentes, dans VSD (semaine dernière) dans la rubrique Sans concession de Florence Belkacem.
L'aimable et éclectique dandy, à la question "- Etre aristocrate, qu'est-ce que ça veut dire en 2007 ? déclare : - C'est avant-tout être avant-gardiste". A cet affirmation j'opine, du chef évidemment. Sauf que, des avant-gardistes, chez les aristocrates, il faut beaucoup de foi, un GPS, et un grossisseur de particules pour en trouver, mais comme le temps opte pour le beau je n'ouvrirai pas la polémique. Pas aujourd'hui.
Puis il rappelle La Fayette, le Vicomte de Noailles, qui la fameuse nuit du 4 Août proposa l'abolition des privilèges au début de la Révolution Française - et cela appellerait de solides commentaires qui viendront en leur temps - et, ça tombe bien car je voulais vous en parler un jour, du Comte de Clermont-Tonnerre demandant à la même époque l'attribution des droits civiques pour les Juifs.
Signalons au passage que dans le monde germanique, la condition faite aux Juifs était souvent bien meilleure qu'en France, et qu'ils bénéficiaient volontiers de la protection des monarques. Ce fut le cas aussi en Provence, depuis toujours et en tous cas dès au moins depuis le temps de la maison d'Anjou, puisque rappellons-le et ce n'est pas inutile, la Provence n'était pas alors Française.
Parmi les maisons souveraines et les principales maisons européennes, au XVIII° Siècle , on n'est pas défavorable aux Israëlites. Outre le cas actif du Comte de Clermont-Tonnerre, il y en a quelques autres, exprimés sous forme de protection et notamment, les Rothschild au XVIII° Siècle durent leur élévation sociale à un personnage royal, le Landgrave de Hesse-Hombourg, et plus tard ils seront faits "barons" par Marie-Thérèse.
Pour revenir à Gonzague Saint Bris, "Ceux qui se croient sans racines sont dépassés", dit-il. Et il a raison. Ce jeune homme, inventeur de plusieurs démarches, à commencer par la sienne puisque, autodidacte avoué, il fait la preuve de la vraie culture, et que sans concession aux circuits établis, il écrit son jeu hors des cercles, continuera, espérons-le, de nous séduire.