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Institutions et symboles


Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /2009 17:41
C'est un fantasme bien français d'imaginer que la Légion d'Honneur est attribuée, normalement, ou l'était à l'origine pour des mérites particuliers. Il n'en  est ainsi que par exception, mais le parti-pris est tenace. De même, celui que cette prestigieuse décoration serait d'abord, ou aurait été à l'origine une décoration militaire.

Dans son désir de récompenser les mérites et de fonder sur eux un système de récompenses se trouvant dans l'esprit des idées nouvelles issues de la Révolution, Napoléon a créé dès l'origine un Ordre civil et militaire. C'est la définition propre de l'Ordre national de la Légion d'Honneur, le premier des ordres français.

Dans le système imaginé par Napoléon, qui sera repris lors de la création en 1808 des titres que certains ont appelé par assimilation "la noblesse napoléonienne", sont récompensés identiquement ceux qui ont servi longtemps et avec dignité quelle que soit leur fonction : civile, militaire, administrative...  A ceux auxquels était promise la Croix, comme on l'appelait au XIX° siècle, pour les services rendus par leur carrière, s'ajoutait ceux qui la reçurent pour des faits particuliers, ou pour des mérites ou services éclatants. Cela a contribué à forger la légende par ailleurs réelle - ou qui le fut longtemps - d'une distinction réservée aux plus grands mérites ou couronnant des actions d'éclat. Ainsi la recevaient les glorieux soldats de l'Empire.

La première distribution des Croix par Napoléon en 1804 le fut à des officiers aux Invalides.  [ Mais toute la nation était représentée dans l'hommage reçu par Napoléon des grands officiers de la Légion d'Honneur, et par les maréchaux, invalides, soldats, savants, écrivains et artistes] L'épopée militaire grandiose de l'Empire mit en effet en particulière évidence la bravoure sur les champs de bataille, reléguant à l'obsurité, au sein de la conscience collective, les services des fonctionnaires et administrateurs civils se tenant loin d'elle.

La durée requise des services, permettant d'être proposé par ceux qui ont compétence de le faire, aux personnages qui régulièrement attribuent cette décoration, fut longtemps de vingt-cinq ans pour les services civils et de vingt ans pour les services militaires. Aujourd'hui, cette durée a été ramenée à vingt ans pour les services civils, placés sur le même pied, pour une décoration qui demeure rigoureusement la même.

Outre les attributions liées à des mérites éminents d'une durée de vingt ans, dans des services de l'état, des administrations, ou parmi la société civile, cette distinction est attribuée à des personnalités publiques qui se sont signalées de manière affirmée dans leur domaine : personnalités du monde de l'art et de la création par exemple. Dans ce cas, ce n'est pas une durée qui est prise en compte mais l'importance, à l'estimation du ministre concerné, qui dispose d'un contingent de nominations, et accessoirement, de ceux qui recommandent au cette personnalité.  

Quant aux Chefs d'Etats et hauts personnages étrangers, ils reçoivent par une tradition ancienne existant sous les monarchies, les hauts grades de la Légion d'Honneur, qui sont échangés lors des premières visites officielles, offrant réciproquement les ordres de leur pays.

Créée le 19 Mai 1802 par Bonaparte, Premier Consul, elle est d'abord une Légion, et recevra par la suite le nom d'Ordre royal de la Légion d'Honneur, au début de la Seconde Restauration (1814).

En Septembre 1803, sont décernés les premiers brevets de légionnaires. Quatre grades existent au début : légionnaire, officier, commandant, grand-officier.

suite de cet article demain...

23 0ctobre 2009 :

La culture française, ordonnée depuis deux siècles autour des guerres, et spécialement avec les deux guerres mondiales du XX° siècle, a intronisé au premier rang des personnages dignes de reconnaissance le héros combattant pour le pays. La distinction s'est établie dans les faits - même si elle n'est pas reconnue par la Grande Chancellerie ni par les services officiels, que la bravoure militaire emporte plus de respect que la reconnaissance de services civils. D'autant plus que les Français ont l'impression, à juste titre nous le soulignons, que l'attribution de récompenses trop nombreuses (les promotions sont en effet plus nombreuses qu'autrefois), et à des sportifs ou chanteurs par exemple, ôte crédit à la première décoration française. Soulignons en même temps que dans un système qui a depuis longtemps cessé d'être vertueux, la récompense ne semble plus que satisfaire ceux qui y contribuent, et aussi, - et au détriment des administrateurs consciencieux - ceux qui font partie des amitiés ou gravitent dans les cercles courtisans.

Il est juste de dire qu'aujourd'hui cette décoration n'est plus comprise des Français. Et de fait elle a tourné le dos, par une banalisation trop grande de son attribution, par un systématisme absolu et sans discernement, à l'idéal longtemps conservé.

Il est une catégorie de décorés de l'Ordre de la Légion d'Honneur, à laquelle je tiens beaucoup, bien connue des milieux militaires : celle des décorés à titre militaire. Cette catégorie ne correspond pas à une différence de décoration, un chevalier décoré pour sa carrière n'ayant pas un rang différent ou inférieur à un chevalier l'ayant acquise par sa bravoure, mais à une différence de perception nettement établie bien qu'elle soit ignorée de la Chancellerie, et elle appartient à la culture française ainsi qu'à la culture propre des Anciens Combattants, si forte en raison des guerres et épopées militaires évoquées plus haut.

On qualifie de décorés à titre militaire, soit les militaires ou anciens militaires de carrière, soit les civils (ayant combattu), qui reçoivent la Légion d'Honneur pour ce qu'on appelle dans le vocabulaire militaire, des "faits de guerre". Ou encore, lorsqu'elle est remise en considération de services généraux de nature diverse, mais incluant ou rappellant des faits de guerre.       

Cette notion d'une décoration à titre militaire, outre appartenir à la culture pratique de l'Armée et à celle des Anciens Combattants, est reconnue par la loi, même si la Grande Chancellerie de son côté ignore cette distinction. En principe, dans ce cas, lorsque sont invoqués des faits de guerre le canal emprunté pour la procédure de reconnaissance est celui du Ministère de la Défense.

Justement, l'identité de la Légion d'Honneur - sur laquelle s'est modelé l'Ordre national du Mérite, le deuxième ordre civil français - se donnant identiquement à des fonctionnaires pour une carrière, ou à des héros pour des faits éclatants de bravoure, a contriubué à développer cette culture du discours qui accompagne la remise de la décoration. Discours dans lequel on rappelle la carrière de celui qui la reçoit, ou les faits qui l'ont justifiée.

La série sur les ordres français se pouruit ces jours-ci sous cette rubrique.


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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 22:19
Nous espérons que le NON l'aura emporté en Irlande et qu'il bloquera le processus du traité de Lisbonne, incompatible avec la Liberté, l'autonomie et la libre détermination des Peuples et déjà rejeté en 2005.


Nous appellerons dans tous les cas à la tenue d'une réflexion sur des bases nouvelles, pour une Europe libre, vis-à-vis du reste du monde comme des technocraties de l'intérieur.


à suivre...


 

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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /2009 21:10
L'an dernier Nelson Mandela avait assisté à l'intronisation en tant que roi, de l'un de ses petits-fils.

J'avais évoqué, le 18 Février, ce phénomène du rassemblement d'une partie des rois africains au sein de l'Union Africaine (lire l'article) réunis autour de Mohammed Kadahfi à Addis Abeba,  l'ancienne Capitale du négus, le roi des rois, Haïlé Sélassié.

Cet été, c'est le pasteur américain Jesse Jackson qui a reçu le titre de prince d'Agni, d'Amon N'Douffou V, roi de Krindjabo, en Côte d'Ivoire.

Depuis de nombreuses années on assiste à la remise ne valeur sur le continent africain du rôle et des pouvoirs détenus par les rois et les Chefs Traditionnels d'Afrique.

Amorçée dans les années 80, elle voit la formule étatique moderne, à l'occidentale, se concilier avec la structure fondamentale et irremplaçable des sociétés africaines.

Deux phénomènes centraux sont particulièrement remarquables dans cette reviscence culturelle et politique : - ce sont les états africains qui se tournent de plus en plus vers les Rois et les Chefs - le premier acte avait été le rappel par Museveni, Chef de l'Etat ougandais, de la royauté par l'intrônisation d'un nouveau Kabaka en Juillet 1993 ; - aujourd'hui les rois et les chefs sont issus de l'élite moderne formée au sein de l'administration, de la diplomatie, de l'Université ou du secteur privé.  


Dans de nombreux pays, tels que Cameroun, Nigeria, Ghana, Bénin, la place des Rois et Chefs traditionnels d'Afrique joue un rôle reconnu par l'Etat et l'autorité constitutionnelle. Le prestige ancestral de ces rois est bien souvent intact, et leur autorité morale, demeurée centrale reprend toute sa place au sein de la société africaine aujourd'hui.

Nous entrerons plus avant ces jours-ci dans ce dossier.



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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /2009 16:30
Certains laissent entendre parfois sur le Net que les Princes de Bourbon-Parme auraient abandonné leurs prétentions. Il n'en est rien.

Héritiers du principe Carliste à la Couronne d'Espagne et prétendants possibles à la couronne de France, les Princes de la maison royale de Parme demeurent à la proue du symbole royal formant l'hypothèse la plus valide au sein des prétendants possibles au trône de France.

Si en Espagne, ils n'exercent plus une activité publique directe, ils conservent et ont toujours conservé cependant leur position d'héritiers du symbole Carliste.

Le Chef de la maison royale de Parme est le Prince Carlos Hugo de Bourbon-Parme. Comme nous l'avions dit dans nos précédents articles, le Prince a attribué à ses fils en 2003 les titres historiques venus de la Tradition Carliste. Son fils aîné, le Prince Carlos Javier a reçu le titre de Duc de Madrid, et son fils Jaime celui de Duc de San Jaime, lui-même prenant celui de Comte de Montemolin.

Les Princes de Bourbon-Parme avaient succédé en 1936 à la branche historique des Bourbon-Madrid, branche Carliste de la maison royale d'Espagne. 


(suite des programmes à demain)

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Mercredi 4 mars 2009 3 04 /03 /2009 19:32
C'est le type même de question qui engendre un débat sans fin : les partisans des Jeux et ses adversaires ont en efffet raison tous les deux !

D'un côté, nous trouvons ceux qui légitimement voient dans la tenue des Jeux Olympiques d'Hiver (la logique est la même lorsqu'il s'agit des Jeux Olympiques) une occasion merveilleuse de promouvoir la ville et toute la région (au sens classique) qui les accueillent.

De l'autre, sont ceux qui se hérissent légitimement que cette splendide occasion soit celle d'augmenter les impôts d'une manière très sensible. On pourrait ajouter, et je le fais : afin de promouvoir les personnages publics qui bénéficient d'une publicité hors concurrence à travers l'événement.

Qu'en déduire ?  - qu'une fois de plus les problèmes ne sont jamais considérés à la racine.

L'état des finances publiques devrait être suffisamment sain, pour faire entrer dans le décompte des dépenses prévisionnelles la provision budgétaire adéquate. Sachant que ce genre d'événement est envisagé plusieurs années à l'avance...

Si une question de très haut intérêt pour l'image d'une province, d'une ville, n'était pas embuée par le sordide des considérations financières, tout le monde verrait plus clair. Il serait plus facile de ne pas raccorder un tel événement aux enjeux de nature politicienne non moins sordides, et même, les Jeux pourraient se tenir dans la satisfaction générale et sans l'ombre d'un mécontentement.

Quelle meilleure publicité en effet, que les Jeux Olympiques d'Hiver, pour montrer dans la sérénité les beautés géographiques et culturelles ? L'objectif de tous serait satisfait, qu'il s'agisse de ceux qui ne se posent pas la question d'un éventuel retour de la Savoie dans un cadre qui satisferait, partiellement du moins, ses retrouvailles avec son passé authentique, et ceux qui se la posent déjà.  Nous reparlerons régulièrement de tout ceci.

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