Les maisons ducales françaises : la suite (Iere partie)
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Parmi les maisons ducales françaises recensées, la liste précédente vous a donné celles qui représentent la plus pure tradition. Qu'il s'agisse de celles dont le titre actuel sera admis par les pointilleux auteurs qui se mêlent habituellement d'imposer leur vision "jurisciste", invoquant des règles qui souvent n'existent que dans leur imagination, ou qui ont existé mais dont ils forcent l'interprétation ; ou qu'il s'agisse de familles reconnues par la tradition et par l'Histoire, dans un dossier construit autour de cette définition que nous donnons des maisons ducales françaises - notion plus vaste mais aussi plus exacte que celle qui étudierait de seuls titres, figés à date ou époque - les noms qui sont cités représentent la pure authenticité ducale aujourd'hui vivante, préservée de l'Ancien-Régime et de l'Empire.
Il n'est pas anodin de présenter les choses ainsi. Les autres régimes du XIXeme Siècle monarchique affichaient une volonté de continuer ou de refaire, selon l'esprit des deux grandes formules retirées de la royauté des siècles précédents ou de la fulgurance de l'Empire.
Ainsi, des ducs créés par Napoléon III, le seul subsistant aujourd'hui est Mac Mahon, et son exemple révèle le geste napoléonien de conférer aux vainqueurs de bataille le nom prestigieux de leur victoire. Avec le Maréchal Pélissier, Duc de Malakoff, il n'y en aura que deux. Ces noms s'inscrivent dans la même légende poursuivie, et dans le cas de Mac Mahon, celle-ci continue de s'étendre, par le nom d'un Président de la République, Maréchal de France, et Duc de Magenta, dont l'aura préalable - à défaut de grand accomplissement politique, avec vingt ans d'avance couronnera le siècle.
De même, s'il ne reste aujourd'hui des ducs napoléoniens du Ier Empire que cinq exemplaires exactement gardés et cités plus haut, et ce chiffre vient à sept si l'on y ajoute ceux de Moncey (duc de Conegliano), possédé par la maison de Gramont, et de Plaisance, autrefois repris chez les Maillé, et parvient à neuf si l'on tient compte que le prestigieux nom de Reille s'accompagne aujourd'hui, sans le titre ducal, du glorieux nom de Soult, duc de Dalmatie ; on ne peut s'empêcher de penser que leur Histoire, bien que de nature différente, est aussi fermement ancrée dans l'âme nationale que celle des ducs de l'Ancien-Régime.
Ici, les spécialistes et les familiers de la question pourront se demander la raison pour laquelle une famille éteinte, celle de Plaisance qui s'était maintenue grâce à une branche depuis éteinte de la maison de Maillé, se trouve mentionnée, tandis que d'autres ne le sont pas, dans un dossier sur les familles vivantes où ne sont présentées que pour une seule les familles même lorsque plusieurs titres les honorent. Son cas, d'abord, est typique, et possède le mérite de ressembler à celui des Lesparre. Ensuite, et surtout, l'une et l'autre de ces familles ont formé des branches en s'identifiant particulièrement à celles qui en avaient repris le nom, d'autant mieux qu'elles étaient elles-mêmes une branche spécifique, chez les Maillé comme chez les Gramont. Même si les porteurs directs du nom ducal de Plaisance sont éteints, la famille de Maillé, dont l'une des branches, comme dans le cas Lesparre, l'avait reçu ou recueilli, existe encore. Et si Maillé est mentionné pour Maillé, Plaisance vient à part, et il convenait de mentionner Lesparre, déjà maison ducale à part entière, non comme branche des Gramont mais comme possédant distinctement le titre de duc de Conegliano. En outre, faisant figurer Moncey, il était difficile de ne pas distinguer Lesparre.
Nous verrons plus loin le cas des titres ducaux qui ne sont pas admis par l'avis courant, mais que nous retenons pleinement, et nous expliquerons pourquoi, bien que ne relevant pas directement de ce dossier. Les parties qui viendront ensuite donneront des listes faciles à suivre, afin que le lecteur ne soit pas désorienté. De même, seront brièvement expliqués les classements formulés ici ou par d'autres, et la raison de leurs différences, par exemple pour les ducs ordinairement attribués au Second Empire - les lecteurs du récent dossier de Point de Vue l'auront remarqué - et que j'attribue au Premier.
Pour l'instant nous allons continuer dans le style de la présentation qui inaugurait ce dossier.
Très vite la suite de votre dossier !