Lundi 11 décembre 2006

                      Les maisons ducales françaises : la suite (Iere partie)

                   ______________________________

          

                     Parmi les maisons ducales françaises recensées, la liste précédente vous a donné celles qui représentent la plus pure tradition. Qu'il s'agisse de celles dont le titre actuel sera admis par les pointilleux auteurs qui se mêlent habituellement d'imposer leur vision "jurisciste", invoquant des règles qui  souvent n'existent que dans leur imagination, ou qui ont existé mais dont ils forcent l'interprétation ; ou qu'il s'agisse de familles reconnues par la tradition et par l'Histoire, dans un dossier construit autour de cette définition que nous donnons des maisons ducales françaises - notion plus vaste mais aussi plus exacte que celle qui étudierait de seuls titres, figés à date ou époque - les noms qui sont cités représentent la pure authenticité ducale aujourd'hui vivante, préservée de l'Ancien-Régime et de l'Empire.

Il n'est pas anodin de présenter les choses ainsi. Les autres régimes du XIXeme Siècle monarchique affichaient une volonté de continuer ou de refaire, selon l'esprit des deux grandes formules retirées de la royauté des siècles précédents ou de la fulgurance de l'Empire.

Ainsi, des ducs créés par Napoléon III, le seul subsistant aujourd'hui est Mac Mahon, et son exemple révèle le geste napoléonien de conférer aux vainqueurs de bataille le nom prestigieux de leur victoire. Avec le Maréchal Pélissier, Duc de Malakoff, il n'y en aura que deux. Ces noms s'inscrivent dans la même légende poursuivie, et dans le cas de Mac Mahon, celle-ci continue de s'étendre, par le nom d'un Président de la République, Maréchal de France, et Duc de Magenta, dont l'aura préalable - à défaut de grand accomplissement politique, avec vingt ans d'avance couronnera le siècle.  

De même, s'il ne reste aujourd'hui des ducs napoléoniens du Ier Empire que cinq exemplaires exactement gardés et cités plus haut, et ce chiffre vient à sept si l'on y ajoute ceux de Moncey (duc de Conegliano), possédé par la maison de Gramont, et de Plaisance, autrefois repris chez les Maillé, et parvient à neuf si l'on tient compte que le prestigieux nom de Reille s'accompagne aujourd'hui, sans le titre ducal, du glorieux nom de Soult, duc de Dalmatie ; on ne peut s'empêcher de penser que leur Histoire, bien que de nature différente, est aussi fermement ancrée dans l'âme nationale que celle des ducs de l'Ancien-Régime.  

Ici, les spécialistes et les familiers de la question pourront se demander la raison pour laquelle une famille éteinte, celle de Plaisance qui s'était maintenue grâce à une branche depuis éteinte de la maison de Maillé, se trouve mentionnée, tandis que d'autres ne le sont pas, dans un dossier sur les familles vivantes où ne sont présentées que pour une seule les familles même lorsque plusieurs titres les honorent. Son cas, d'abord, est typique, et possède le mérite de ressembler à celui des Lesparre. Ensuite, et surtout, l'une et l'autre de ces familles ont formé des branches en s'identifiant particulièrement à celles qui en avaient repris le nom, d'autant mieux qu'elles étaient elles-mêmes une branche spécifique, chez les Maillé comme chez les Gramont. Même si les porteurs directs du nom ducal de Plaisance sont éteints, la famille de Maillé, dont l'une des branches, comme dans le cas Lesparre, l'avait reçu ou recueilli, existe encore. Et si Maillé est mentionné pour Maillé, Plaisance vient à part, et il convenait de mentionner Lesparre, déjà maison ducale à part entière, non comme branche des Gramont mais comme possédant distinctement le titre de duc de Conegliano. En outre, faisant figurer Moncey, il était difficile de ne pas distinguer Lesparre.

Nous verrons plus loin le cas des titres ducaux qui ne sont pas admis par l'avis courant, mais que nous retenons pleinement, et nous expliquerons pourquoi, bien que ne relevant pas directement de ce dossier. Les parties qui viendront ensuite donneront des listes faciles à suivre, afin que le lecteur ne soit pas désorienté. De même, seront brièvement expliqués les classements formulés ici ou par d'autres, et la raison de leurs différences, par exemple pour les ducs ordinairement attribués au Second Empire - les lecteurs du récent dossier de Point de Vue l'auront remarqué - et que j'attribue au Premier.     

          

Pour l'instant nous allons continuer dans le style de la présentation qui inaugurait ce dossier. 

Très vite la suite de votre dossier !

 

 

 

 

 

 

 

par THOMAS de LA GARDE publié dans : Maisons ducales
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Mercredi 25 octobre 2006
Les maisons ducales françaises
           ____________________________________________
                                                         Michel THOMAS de LA GARDE      
                                 
Nous publions aujourd'hui le premier volet de l'étude sur les maisons ducales françaises. Ce texte étant protégé, toute copie partielle ou utilisation devra mentionner le nom de l'auteur.
                   
Ce dossier est consacré, au-delà des ducs réguliers de la monarchie et de l'Empire, aux maisons  qui peuvent revendiquer d'une façon ou d'une autre la qualité de maison ducale du point de vue de l'Histoire, de l'héritage ou du rang. Il s'agit des familles françaises disposant d'un titre de duc français ou non français mais habituellement reconnu en France.
  
  

   La présentation retenue pour les maisons ducales françaises diffère par ses critères, des présentations habituelles. Le choix donné ici, dans ce qui est une première liste, correspond tout d'abord aux familles actuellement vivantes qui détiennent, ou ont détenu un titre dit régulier, même lorsque la branche qui l'avait reçue n'est pas celle qui le porte aujourd'hui.

Par maison ducale, il est également entendu famille bénéficiant du rang ducal sous les divers régimes monarchiques que la France a connus, même en l'absence d'un titre dit "régulier" selon les critères communs. Ces critères habituels, retenus par la théorie "officielle", ne sont pas les nôtres.


Sont absentes, comme ne devant pas logiquement figurer dans cette liste, les maisons allemandes ou belges qui disposeraient d'un titre ducal français même considéré "régulier" aujourd'hui, et même lorsque certaines de leurs branches sont devenues françaises.

De même, les Rohan, autrichiens depuis 1808 même si certains membres de cette maison ne le sont devenus qu'en 1845, n'ont pas lieu de figurer parmi elle, au moins pour cette raison qu'ils ne sont plus français, et que le dossier présenté est l'étude des maisons, et non celle d'une liste de titres.

Enfin, la présentation que nous proposons est avant tout ludique. Elle est un point de départ, donnant quelques repères pour la découverte de ces familles qui sont une part de l'Histoire.

Dans ce dossier,  volontairement ne sont pas distingués les ducs  pairs de France  de ceux qui ne l'étaient pas.

Enfin, une catégorie particulière n'apparaît volontairement pas : celle des ducs pontificaux, car elle sera traitée à l'occasion des notices personnelles qui apparaîtront plus tard sur ce site. Il serait fastidieux de dresser l'état numérique exact, qui peut varier selon que l'on  examine le nombre de familles ou celui des titres proprement dits, ou selon la division par régime : ancienne monarchie, Premier Empire, Restauration, Monarchie de Juillet, Second Empire, République. Certaines familles possèdent plusieurs titres, ou ont repris des titres éteints. Nous retenons deux sources, pour l'origine des titres, correspondant de façon simple aux deux principales monarchies : l'ancienne monarchie ou Ancien-Régime, et l'Empire, sans distinction entre le Premier et le Second.     

Comme ici nous regardons les familles, risquons un nombre allant de trente-cinq à quarante tout au plus, selon les critères que nous retenons. Ce nombre, dans sa constitution, correspond à l'état  reconnu par ceux qui  s'occupent habituellement de fournir un avis, et sa variation avec le nombre qu'ils retiennent correspond aux familles volontairement non comprises dans ce dossier pour les raisons esquissées ci-dessus,  et à celles qui, au contraire, y sont admises.

Cette première liste , que nous présentons ci-dessous de différentes façons ludiques,  constitue celle des familles détenant un titre explicite reconnu ou ayant toute faculté notable de l'être. Quelquefois, le droit de bénéficier d'un titre ducal préalablement éteint dans une autre branche (Castries), est suffisamment justifié pour avoir introduit cette famille.


Une seconde liste s'adjoindra ensuite, celle de familles dont la dignité ducale se constate autrement que par les critères habituellement retenus. Viendront également des mentions courtes, par famille, appropriées à ce dossier et à Internet, et seront examinés aussi des cas particuliers.

Pour conclure, ce dossier succint sera vraisemblablement enrichi au fil du temps par de nouvelles adjonctions explicatives, sans cependant dévoiler  le contenu d'un ouvrage en préparation  sur les ducs en France.

Sont donc logiquement absents : Arenberg, Croÿ, Rohan (autrichiens-maison de Rohan)  
ainsi que :  
                                                                                                           
 
Fouché (ducs d'Otrante), devenus suédois, sont exclus d'abord comme régicides.



Y entrent : Rarécourt, Grimaldi, Castries, Beauvau, Mailly, pour le premier groupe retenu, ainsi que
   Plaisance, Lesparre, Moncey. S'y adjoint également des Cars. Caraman doit y figurer.
 

Il n'y a pas de "duc républicain", malgré l'expression employée par certains pour signaler que le duc de Lévis-Mirepoix vit son titre espagnol de duc de San Fernando Luis autorisé en France sous la République. La maison de Lévis figure ici, dans ce dossier, comme en dehors de ce dossier parmi les ducs que nous retenons, et pour lesquels, ensemble ou séparément, il n'y a pas besoin d'explication, car leur situation parle d'elle-même. Et c'est pleinement au titre de duc de l'Ancien-Régime que figure ici la maison de Lévis, l'une des plus considérables des Maisons Historiques.

 

Gontaut (Maison de Gontaud-Biron, ducs de Biron), non mentionné par Point de Vue qui se base sur Séréville- et-Saint-Simon dans son dossier sur les familles ducales, figure par naturellement dans notre dossier.  Plusieurs titres ducaux ayant honoré en propre les noms qui sont les siens, elle a en outre reçu par héritage celui, si célèbre, de duc de Lauzun.



   Note à propos des divers classements proposés ci-dessous pour l'une ou l'autre liste :



La première présentation est symbolique, comme la plupart des suivantes. Il n'y a, sauf exceptions justifiées, qu'un seul représentant par catégorie, chaque maison, une fois citée, est donc "hors concours" vis-à-vis des autres catégories.  Certaines de nos présentations sont collectives, d'autres ne le sont pas car elles signalent des particularités non partagées par toutes. C'est donc avec distance et esprit relatif qu'il faut prendre cette formule : " la plus ...".


Le nombre de mentions pour une même famille dans une présentation n'est en aucun cas une indication d'importance vis-à-vis des autres.

 
Pour ces familles, styles et époques sont mélangés. Il ne s'agit pas d'un classement par ordre d'importance, mais d'une composition dans laquelle chacune a sa place. Bien sûr, les qualités signalées pour chacune sont la plupart du temps possédées par la plupart. Il s'agit d'un choix d'illustration, qui traduit au psychologique, et souligne la personnalité de chaque maison. Cette présentation doit se recouper avec d'autres sortes de présentation, ou des descriptions plus avancées qui viendront ensuite.

 


                                                        ____________________

 


Maisons ducales françaises :          Iere liste   

 

                   première présentation :



                 -  la plus royaleRohan (Maison de Rohan-Chabot) 


                 -  la plus souveraine :  Clermont-Tonnerre


                 -  la plus  féodale :  Rochechouart  


                 -  la plus seigneuriale :  La Rochefoucauld 

 

                 -  la plus "Gotha" :  Cossé   ( ducs de Brissac) 


                 -  la plus légendaire :  La Rochefoucauld  (encore) 


                 -  la plus papale :  Rarécourt    


                 -  la plus princière :  Harcourt  

                 -  la plus discrète :   Blacas   

 

 

 

   

                  -  la plus ancienne dans la pairie :  Crussol 


                  -  la plus "Saint Empire" :  Beauvau-Craon 


                  -  la plus "Premier Empire" :  ex aequo  

       Montebello (Lannes), Masséna, Davout, Suchet, Feltre



                  -  la plus immuable :  Polignac 


                  -  la plus symbolique :  Noailles 


                 -  la plus "grande maison de cour" :  Gramont 


                  -  la plus germanique :  Bauffremont 


                  -  la plus étrangère :  Grimaldi 


                -  la plus ministérielle :  Decazes 


                -  les plus mixtes :  Audiffret et Goyon  (Feltre)


                -  la plus illustrée à l'époque moderne :  Broglie  

 

 

  

                -  la plus chevaleresque :  des Cars 


                -  la plus gasconne :  Montesquiou     



               -   celle qui a le plus de panache :  Castries 


               -  la plus illustre :  Choiseul 


              -  la plus importante :  Maillé 


              -  la plus présidentielle :  Mac Mahon


              -  la plus traditionnelle :  Lévis 


              -  la plus historique :  Mailly


              - 
la plus prestigieuse :  Luynes     


              -  la plus anciennement illustre :  Sabran 


              -  la plus considérable :  Lorges  


              -  la plus antique :  Gontaut


              -  la plus puissante :  Caumont  



                             fin de la première partie...                   

 

 Caraman, oubliée par inadvertance, figure. (voir texte plus haut : "Y entrent ...




par Thomas de La Garde publié dans : Maisons ducales
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